On s’attend de plus en plus à ce que le savoir traditionnel ou local soit intégré aux connaissances « scientifiques » dans plusieurs zones  de ressources. Ceci est dû, en grande partie, à la reconnaissance de ce savoir  comme vecteur contributif à  la conservation de la biodiversité, des espèces rares, des régions protégées, des processus écologiques et de l’utilisation des ressources renouvelables.  L’incorporation du savoir traditionnel dans les cadres de réglementation peut également traduire des préoccupations internationalement répandues quant  à la viabilité économique et sociale des moyens d’existence basés sur les ressources naturelles.

Le concept Qaujimajatuqangit inuit  fait référence au “savoir traditionnel” des Inuit alors que le concept Qaujimaningit Inuit implique le savoir traditionnel inuit et l’épistémologie inuite sans aucune référence à la temporalité.

Principes directeurs du Qaujimajatuqangit inuit 

La CNER continue à être guide par les principes suivants du Qaujimajatuqangit inuit, tels qu’établis par le gouvernement du Nunavut:

  1. Respect de l’autre, rapports avec l’autre et compassion envers les autres.
  2. Promouvoir un bon état d’esprit en étant ouvert, accueillant et intégrateur.
  3. Servir la famille et la communauté.
  4. Discuter et developer des consensus pour la prise de décision.
  5. Le développement des compétences par la pratique, l’effort et l’action.
  6. Travailler ensemble dans un but commun.
  7. Innovation et ingéniosité dans la recherche de solutions.
  8. Respect et soin  de la terre, de la faune et de l’environnement.

 

Mise en vigueur du savoir traditionnel et du Qaujimaningit inuit

Quand, dans ses documents et décisions, la CNER fait référence au savoir traditionnel et au Qaujimaningit inuit, elle implique le savoir local et communautaire ainsi que les connaissances écologiques (traditionnelles et contemporaines) profondément enracinés dans le quotidien des Inuit et qui peuvent grandement contribuer à un examen environnemental.  La CNER demande aux promoteurs de projets de non seulement incorporer le savoir traditionnel dans ses collectes et méthodes fondamentales de gestion des ressources mais encore de préciser  la place accordée aux principes  du Qaujimajatuqangit inuit  dans ses stratégies de gestion, ses plans de surveillance et d’atténuation d’urgence et/ou ses considérations opérationnelles.

Le savoir traditionnel peut s’acquérir en coopérant avec d’autres parties concernées.  Les références à des pairs et  l’identification systématique des spécialistes locaux du savoir traditionnel garantissent le dévoilement au sein de la collectivité locale, des groupes sociaux ou  des Fraternités, des personnes jugées les plus  expertes qui seront éventuellement inclues dans la documentation du système  de connaissances écologiques.  Les promoteurs  doivent incorporer,  dans leurs Énoncés des incidences environnementales, le savoir traditionnel auquel ils ont accès ou qu’ils sont  raisonnablement censés acquérir en faisant preuve d’une diligence appropriée, en respectant les normes déontologiques adéquates et sans enfreindre les obligations de confidentialité.